Mireille, écrivain public installée à Saint-Hilaire de Chaléons, petit bourg du sud de la Loire-Atlantique (44), entre Nantes et l'océan, se prête au jeu du questionnaire.
Qui sont vos principaux clients ?
J'ai été agricultrice pendant vingt ans et je connais donc de l'intérieur le monde agricole et rural. Ce n'est sans doute pas un hasard si j'écris beaucoup d'histoires de vie pour d'anciens paysans et des familles nostalgiques de leur enfance à la ferme ou au cœur d'un petit village. Depuis l'ouverture de mon cabinet en 2005, ma clientèle s'est élargie à des collectivités locales et associations pour des ouvrages sur l'histoire d'un lieu, le bilan d'un engagement, etc. Pour autant, je n'en oublie pas la notion de polyvalence et de service d'écriture au quotidien, qui avait sous-tendu mon projet d'installation après l'obtention de la licence pro d'écrivain public. Je réalise donc pour des particuliers, des corrections (y compris via internet), des courriers, de l'assistance administrative et ponctuellement des articles de journaux.
Qu’est-ce que qui vous motive dans votre profession ?
Tout d'abord, la richesse des rencontres, la variété des tâches et l'idée que j'apporte un réel service de proximité quand il s'agit, par exemple, d'aider une personne démunie à remplir un formulaire. Par ailleurs, en récit de vie, j'ai le sentiment, modestement, de contribuer à la sauvegarde de l'histoire locale quand je recueille une mémoire singulière qui serait vouée à l'oubli sans ce passage de l'oral à l'écrit.
Qu’est-ce qui vous agace dans les idées reçues sur les écrivains publics ?
Je ne ressens pas vraiment d'idées reçues dans mon environnement mais plutôt la méconnaissance de cette profession. Je ne rate donc pas les occasions d'expliquer la spécificité de mon métier, lors de mes opérations communication dans de petits salons du livre ou lors de la présentation de l'un de mes ouvrages dans une bibliothèque.
La demande la plus insolite qui vous ait été faite ?
Un publireportage d'une page, à écrire dans l'urgence, sur le thème « toitures et gouttières ». À moi de trouver l'argumentaire ! Quel défi pour une « bricoleuse du dimanche » ! Dans ces moments-là, on bénit le ciel de compter parmi ses amis un couvreur professionnel !
Et la plus touchante ?
La plus grave, surtout... La demande d'une mère, dont la vie devait bientôt s'achever, désireuse de révéler à ses enfants, dans un livre posthume, un secret si lourd, qu'il lui était impossible de le confier de son vivant.
Un site Internet que vous voudriez nous faire découvrir ou partager ?
Un site que vous ne seriez sans doute jamais allés consulter... sur l'histoire des habitants de ma commune, « leurs souvenirs, leurs joies, leurs drames, leurs luttes ». Site existant depuis deux ans et alimenté très régulièrement par sa créatrice, Marie-Danielle Pierrelée. Un bel exemple, à mes yeux, de ce qu'on peut faire pour la sauvegarde de la mémoire des gens ordinaires, dans un petit pays. http://www.shc44.org
- Contactez Mireille LOQUAIS via sa fiche Plumes&Mail

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